Une conférence sur la prédation des chats domestiques
... ou comment concilier bien-être des chats et protection de la faune sauvage
Le 26 février dernier, pour la première fois, la SPA organisait une conférence en ligne avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) France et la SFEPM sur la thématique de la prédation des chats domestiques sur la faune sauvage. Invitée à cette conférence, l'animatrice du programme Nathalie de Lacoste a pu exposer les principaux résultats du programme « Chat domestique & biodiversité ».
Qui sont les proies des chats domestiques ?
Entre 2015 et 2022, plus de 36 000 proies ont été rapportées par plus de 5 000 chats suivis. Les captures concernent principalement de petits mammifères (68 %), suivis des oiseaux (21 %) et des reptiles (8 %), mais aussi d'autres groupes : ainsi, plus de 200 espèces ont été répertoriées, ce qui illustre le caractère généraliste et opportuniste du Chat. Les analyses montrent également que la prédation varie selon les saisons, l’âge des chats et le type d’habitat. Par exemple, la prédation augmente au moment de la reproduction des proies, qui sont plus nombreuses dans le milieu, et les oiseaux et les lézards sont plus fréquemment capturés dans les zones fortement modifiées par les activités humaines, comme les milieux urbains.
Des solutions simples existent
La LPO a pu exposer les différentes pistes de solution pour réduire la prédation des chats domestiques sur la faune sauvage, sans compromettre leur bien-être. Être un propriétaire responsable est la première étape : offrir à son chat une alimentation adaptée, des soins de qualité et réfléchir à ses périodes de sortie peut déjà limiter la prédation. Des aménagements du jardin peuvent aussi protéger les zones sensibles pour la faune, comme les mangeoires et nichoirs. Enfin, certains dispositifs – par exemple des colliers rendant le chat plus visible ou audible – peuvent réduire le succès de capture lors de la chasse. Aucune solution n’est parfaite seule, mais la combinaison de plusieurs mesures permet de diminuer sensiblement les captures.
Privilégier le bien-être des chats
La question de la prédation du Chat domestique concerne à la fois la protection de la faune sauvage et le bien-être des animaux domestiques. En effet, comme en témoignent les refuges de la SPA, les chats errants vivent dans des conditions difficiles, marquées par le stress, les maladies et une forte reproduction, ce qui entraîne l’arrivée fréquente d’animaux fragilisés dans les refuges. La solution repose surtout sur la stérilisation, l’identification et une gestion organisée des colonies, ainsi que sur la sensibilisation du public pour limiter leur prolifération et améliorer leur bien-être.
Un enjeu partagé : travailler ensemble pour une cohabitation durable
Les propriétaires de chats ont un rôle essentiel à jouer pour prévenir la prédation, par des gestes simples et responsables. Mais les collectivités ont elles aussi une responsabilité : lutter contre l’errance et la prolifération des chats, notamment par des politiques de stérilisation, est indispensable pour limiter les abandons et la formation de populations de chats errants, dont l’impact sur la faune peut être important. C’est en travaillant ensemble — associations de protection de la nature, structures de protection animale, citoyens et collectivités — que l’on pourra favoriser une cohabitation entre chats domestiques et biodiversité.
Si vous souhaitez vous engager en faveur des chats libres (identification et stérilisation), n'hésitez pas à signer la pétition de la SPA !
Vous pouvez aussi consulter le Guide pratique pour les collectivités.